Popperbating : tout savoir sur le popperbate, l’edging et le popper training
Le popperbating, parfois appelé popperbate, est une pratique sexuelle qui associe l’utilisation de poppers à la masturbation. Le terme vient principalement des communautés anglophones et se retrouve souvent lié à l’edging, au gooning ou encore au popper training.
Ces mots sont proches, mais ils ne sont pas synonymes.
Derrière ce vocabulaire popularisé sur Internet se trouve d’ailleurs un phénomène suffisamment installé pour avoir fait l’objet de recherches universitaires. Le chercheur britannique John Mercer s’est notamment intéressé dès 2017 au développement du popperbating et des popper training videos.
Alors, que signifie réellement popperbate ? Quel est son rapport avec la masturbation et l’edging ? Que veut dire popperbator training ? Le popperbating est-il exclusivement associé à la communauté gay ? Et quels sont les risques à connaître lorsque l’utilisation de poppers s’inscrit dans une session sexuelle prolongée ?
Voici ce qu’il faut savoir, sans tabou mais sans transformer l’information en mode d’emploi.

Qu’est-ce que le popperbating ?
Le popperbating désigne l’utilisation de poppers dans un contexte de masturbation.
Le vocabulaire vient essentiellement de l’anglais :
popper fait référence aux poppers ;
bating est un terme d’argot dérivé de masturbating ;
popperbator désigne, dans certaines communautés, une personne pratiquant le popperbating.
Il ne s’agit donc ni d’une marque de poppers ni d’une catégorie particulière de produit.
Popperbate décrit avant tout une pratique sexuelle.
Dans les usages anglophones, le mot ne correspond toutefois pas toujours au simple fait d’utiliser ponctuellement du poppers pendant une masturbation. Il est fréquemment associé à des sessions plus longues durant lesquelles l’excitation est volontairement maintenue.
C’est là qu’intervient l’edging.
D’où vient le terme popperbate ?
Le vocabulaire du popperbating s’est essentiellement développé dans des communautés anglophones sur Internet, avec une implantation historique particulièrement importante dans certaines communautés gays masculines.
Le phénomène était déjà suffisamment structuré dans les années 2010 pour intéresser la recherche universitaire.
En 2017, John Mercer, chercheur à Birmingham City University, publie dans la revue académique Porn Studies une étude spécifiquement consacrée au phénomène : Popperbate: video collage, vernacular creativity and the scripting of the gay pornographic body.
Ses recherches montrent notamment le développement d’une culture communautaire autour du popperbate associant plusieurs éléments :
masturbation prolongée ;
utilisation de poppers ;
contrôle de l’excitation ;
edging ;
notion de training, c’est-à-dire d’« entraînement ».
Le popperbating n’est donc pas simplement un nouveau mot apparu récemment sur les réseaux sociaux. Son vocabulaire et certains de ses codes circulent en ligne depuis de nombreuses années.
Quel rapport entre popperbating et masturbation ?
La masturbation constitue l’élément central de la définition du popperbating.
Ce qui caractérise davantage cette pratique est toutefois la manière dont elle est souvent envisagée. La recherche immédiate de l’orgasme peut laisser place à une séance plus longue, centrée sur le maintien de l’excitation.
Le popperbating peut ainsi être associé à :
des périodes prolongées de masturbation ;
une succession de phases de stimulation et de ralentissement ;
un retard volontaire de l’orgasme ;
une attention particulière portée aux sensations ;
différentes pratiques d’edging.
La masturbation ne se limite évidemment pas à une seule pratique ou à un seul scénario. Elle peut être solitaire ou partagée et prendre des formes très différentes. Certaines pratiques à deux reposent par exemple essentiellement sur la stimulation manuelle et corporelle, comme nous l’expliquons dans notre guide consacré à la branlette italienne.
Dans le cas du popperbating, c’est néanmoins l’association entre masturbation et poppers qui donne son sens au terme. Ainsi pour l’achat de poppers, poppers-party.fr propose des poppers de qualité avec un envoi discret.
Popperbating et edging : pourquoi sont-ils autant associés ?
L’edging consiste à prolonger volontairement l’excitation sexuelle en retardant l’orgasme.
La personne s’approche du point culminant puis réduit ou interrompt momentanément la stimulation avant de reprendre.
L’objectif n’est donc pas nécessairement d’atteindre rapidement l’orgasme : c’est justement la durée de l’excitation qui prend davantage d’importance.
L’edging peut parfaitement être pratiqué sans poppers.
Inversement, toutes les personnes utilisant du poppers pendant une masturbation ne pratiquent pas nécessairement l’edging.
Mais historiquement, les deux pratiques sont fortement associées dans la culture du popperbating.
La différence essentielle est donc simple :
l’edging désigne une manière de gérer et prolonger l’excitation sexuelle ; le popperbating désigne l’association du poppers et de la masturbation.
Popperbating, edging et gooning : quelles différences ?
Plusieurs expressions issues des communautés anglophones apparaissent régulièrement lorsqu’on s’intéresse au popperbating. Leur proximité peut donner l’impression qu’elles désignent toutes la même pratique.
| Terme | Définition |
|---|---|
| Popperbate | Association du poppers et de la masturbation |
| Popperbating | Action ou pratique du popperbate |
| Popperbator | Terme communautaire désignant une personne pratiquant le popperbating |
| Edging | Prolongation volontaire de l’excitation en retardant l’orgasme |
| Gooning | Terme associé à des sessions masturbatoires très longues et particulièrement immersives |
| Popper training | Forme ritualisée ou codifiée du popperbating apparue dans certaines communautés anglophones |

La différence fondamentale tient donc à la présence du poppers.
On peut pratiquer l’edging ou le gooning sans utiliser de poppers. Le popperbating, lui, implique par définition leur présence dans le contexte masturbatoire.
Qu’est-ce qu’un popperbator ?
Le mot popperbator est un terme communautaire anglophone utilisé pour désigner une personne qui pratique le popperbating.
Il ne s’agit pas d’une expression médicale ou sexologique officielle.
Selon les communautés et les plateformes, différentes variantes peuvent apparaître :
popperbator ;
popperbater ;
bator ;
popperbate ;
popperbating ;
popper training ;
bator training.
Ces expressions appartiennent essentiellement à un vocabulaire culturel développé en ligne. Leur utilisation et même leur orthographe peuvent donc varier.
Qu’est-ce que le popper training ou popperbator training ?
Le popper training est probablement l’une des notions les plus particulières de cet univers.
Le mot anglais training signifie « entraînement ».
Dans certaines communautés, des séances prolongées de masturbation et d’edging ont progressivement été présentées comme une forme d’entraînement autour de la durée, du contrôle de l’excitation ou de l’immersion dans la session.
C’est notamment ce phénomène que John Mercer analyse dans ses travaux consacrés au popperbate.
Le terme popperbator training appartient au même champ lexical.
Il ne faut toutefois pas interpréter le mot training comme une méthode médicalement reconnue, une recommandation sexologique ou une manière « correcte » d’utiliser des poppers.
Il s’agit avant tout du vocabulaire adopté par certaines communautés de pratiquants.
Le popperbating est-il une pratique exclusivement gay ?
Le popperbating possède une histoire fortement liée aux communautés gays masculines.
Ce lien s’explique également par l’histoire plus générale des poppers, dont l’usage sexuel s’est particulièrement développé dans certaines communautés homosexuelles masculines à partir de la seconde moitié du XXe siècle.
En France, l’OFDT rappelle également cette origine avant l’élargissement progressif de l’usage des poppers à d’autres publics.
Mais il faut distinguer l’origine culturelle d’une pratique de sa définition.
Le popperbating n’est pas une orientation sexuelle.
Il peut donc concerner des personnes homosexuelles, bisexuelles ou hétérosexuelles. Plus largement, le terme peut s’appliquer indépendamment du genre ou de l’orientation sexuelle dès lors qu’il est utilisé pour décrire l’association entre poppers et masturbation.
Dire que le popperbating s’est historiquement développé dans la culture gay masculine est donc pertinent.
Dire qu’il s’agit obligatoirement d’une pratique gay serait en revanche incorrect.
Pourquoi les poppers sont-ils associés à la sexualité ?
Pour comprendre le développement du popperbating, il faut aussi comprendre pourquoi les poppers sont depuis longtemps présents dans certains contextes sexuels.
Les poppers sont des préparations volatiles contenant des nitrites d’alkyle. Leurs effets apparaissent rapidement après inhalation des vapeurs et restent généralement de courte durée.
Les sources françaises de référence mentionnent notamment :
une vasodilatation ;
une accélération du rythme cardiaque ;
une sensation de chaleur ;
un relâchement musculaire ;
des modifications temporaires des sensations ;
une intensification de l’excitation sexuelle recherchée par certains consommateurs.
Ces effets rapides permettent de comprendre leur association historique à la sexualité.
Cette utilisation ne se limite d’ailleurs pas au contexte masturbatoire. Les poppers sont également associés à certaines pratiques sexuelles avec pénétration, sujet que nous développons séparément dans notre article consacré au poppers et au sexe anal.
Il faut néanmoins éviter d’en déduire que les sensations seront identiques pour tout le monde. Les effets peuvent varier selon la personne, le contexte et le produit.
Le popperbating s’inscrit-il dans d’autres pratiques sexuelles ?
Le popperbating possède une particularité : il est défini par la masturbation, mais appartient à un univers beaucoup plus large de pratiques sexuelles dans lesquelles l’exploration des sensations, le contrôle de l’excitation ou certaines performances corporelles occupent une place importante.
L’edging en est un bon exemple.
D’autres pratiques reposent davantage sur la souplesse ou l’exploration de son propre corps. C’est notamment le cas de l’autofellation, qui constitue une pratique totalement distincte du popperbating mais appartient, elle aussi, au champ plus large de l’exploration sexuelle en solitaire.
Il faut donc éviter de regrouper toutes ces pratiques sous une même étiquette.
Leur point commun est essentiellement d’appartenir à une sexualité dans laquelle la découverte du corps et des sensations peut occuper une place centrale.
Quels sont les risques liés au popperbating ?
Le popperbating ne possède pas une toxicité spécifique différente de celle des poppers.
En revanche, le contexte de la pratique peut influencer la manière dont le produit est utilisé.

Une séance d’edging ou de popper training pouvant se prolonger, il existe notamment un risque de vouloir renouveler fréquemment les inhalations lorsque les effets disparaissent.
Or les organismes français de réduction des risques recommandent précisément de ne pas multiplier les inhalations dans un court laps de temps.
Parmi les effets indésirables pouvant survenir figurent notamment :
maux de tête ;
vertiges ;
étourdissements ;
baisse de la tension artérielle ;
accélération du rythme cardiaque ;
rougeurs et sensation de chaleur ;
irritation en cas de contact direct avec le liquide ;
malaise ou perte de connaissance dans certaines situations.
Des complications plus importantes sont également documentées avec les nitrites d’alkyle, notamment certaines atteintes visuelles ainsi que la méthémoglobinémie, qui perturbe le transport de l’oxygène dans le sang.
Pourquoi une session prolongée nécessite-t-elle davantage de vigilance ?
Le principe même de l’edging est de faire durer l’excitation.
Une session de popperbating peut donc se prolonger davantage qu’une masturbation classique.
Il faut cependant distinguer :
la durée de l’activité sexuelle ;
la fréquence d’utilisation du poppers.
L’une n’implique pas nécessairement l’autre.
Les effets des poppers sont courts, mais cela ne signifie pas qu’il soit souhaitable de renouveler systématiquement les inhalations lorsqu’ils diminuent.
Des symptômes tels qu’un mal de tête important, des vertiges, des étourdissements ou une sensation de malaise doivent conduire à interrompre l’exposition et à revenir à l’air frais.
Poppers et Viagra : une association à éviter
Dans un article consacré au popperbating, cette interaction mérite d’être clairement signalée.
Les poppers possèdent un effet vasodilatateur susceptible de faire diminuer la pression artérielle.
Certains médicaments utilisés contre les troubles de l’érection agissent eux aussi sur le système cardiovasculaire. Leur association avec des poppers peut donc entraîner une chute importante de la pression artérielle et exposer à des complications graves.
Les organismes français de référence déconseillent notamment l’association des poppers avec le Viagra® et les médicaments de la même famille.
Dans un contexte sexuel, cette information est particulièrement importante.
Peut-on prendre l’habitude de se masturber avec du poppers ?
Les poppers ne sont généralement pas décrits comme provoquant un syndrome de dépendance physique comparable à celui observé avec certaines autres substances.
Cela ne signifie cependant pas qu’une habitude comportementale ne puisse pas se développer.
L’OFDT évoque notamment, chez certains consommateurs, une forme de quasi-dépendance vis-à-vis du produit dans le cadre de certains actes sexuels.
Une personne peut progressivement associer :
masturbation ;
excitation ;
certaines pratiques sexuelles ;
orgasme
à l’utilisation systématique de poppers.
La question mérite donc de se poser lorsqu’il devient difficile d’envisager une masturbation ou une activité sexuelle sans le produit, ou lorsque son utilisation devient progressivement systématique.
Le popperbating est-il légal en France ?
Il faut ici distinguer la pratique sexuelle du statut juridique des produits utilisés.
Le popperbating ne fait pas l’objet d’une législation particulière en tant que pratique sexuelle entre adultes consentants.
Concernant les poppers, la réglementation française a connu plusieurs évolutions.
Après différentes mesures d’interdiction, le Conseil d’État a annulé en juin 2013 l’arrêté interdisant la vente et la cession au public des produits contenant des nitrites d’alkyle.
L’OFDT indique ainsi que les poppers sont aujourd’hui légaux en France et que leur usage et leur commerce sont autorisés.
Cela ne signifie évidemment pas que n’importe quel produit chimique puisse être commercialisé sans règles.
Les produits concernés restent soumis aux réglementations applicables en France et dans l’Union européenne, notamment en matière de composition, classification, information et étiquetage des substances et mélanges chimiques.
Pourquoi parle-t-on autant du popperbating aujourd’hui ?
Internet a largement contribué à diffuser un vocabulaire autrefois essentiellement utilisé au sein de certaines communautés.
Des termes comme :
popperbate ;
popperbating ;
popperbator ;
popper training ;
edging ;
gooning
sont désormais rencontrés bien au-delà de leurs communautés d’origine.
Cela explique pourquoi une personne peut découvrir le mot popperbating sans connaître son histoire ni les différences entre ces différentes notions.
Pour résumer simplement :
le popperbating associe poppers et masturbation.
L’edging consiste à prolonger volontairement l’excitation.
Le gooning renvoie davantage à l’immersion dans une longue session masturbatoire.
Le popper training correspond, lui, à une manière communautaire de ritualiser certaines formes de popperbating.
Ce qu’il faut retenir sur le popperbating
Le popperbating ou popperbate est une pratique née principalement dans les communautés anglophones et historiquement très liée à la culture gay masculine.
Elle associe essentiellement l’utilisation de poppers à la masturbation, avec une place importante accordée dans certaines communautés à l’edging et aux sessions prolongées.
Edging, gooning, popper training et popperbating peuvent ainsi se croiser, mais ils ne sont pas synonymes.
Enfin, le contexte sexuel ne modifie ni la nature des nitrites d’alkyle ni les risques associés à leur utilisation. Une session prolongée ne doit notamment pas conduire à multiplier les inhalations sur une courte période, et l’association des poppers avec certains médicaments contre les troubles de l’érection doit être évitée.
FAQ : popperbate, popperbating et popper training
Que veut dire popperbate ?
Popperbate désigne l’association du poppers et de la masturbation. Le terme vient principalement des communautés anglophones.
Quelle différence entre popperbate et popperbating ?
Les deux expressions désignent essentiellement la même pratique. Popperbating correspond davantage à l’action de pratiquer le popperbate.
Qu’est-ce qu’un popperbator ?
Un popperbator est une personne pratiquant le popperbating. Il s’agit d’un terme communautaire et non d’un terme médical ou sexologique.
Quelle différence entre edging et popperbating ?
L’edging consiste à prolonger volontairement l’excitation en retardant l’orgasme. Le popperbating désigne l’utilisation de poppers pendant la masturbation. Le popperbating peut intégrer de l’edging, mais l’edging peut parfaitement être pratiqué sans poppers.
Quelle différence entre gooning et popperbating ?
Le gooning renvoie généralement à une session de masturbation longue et immersive. Il n’implique pas nécessairement l’utilisation de poppers. Le popperbating, lui, implique leur présence.
Le popperbating est-il réservé aux hommes gays ?
Non. Le phénomène possède une forte origine culturelle gay masculine, mais il décrit une pratique sexuelle et non une orientation sexuelle.
Qu’est-ce que le popper training ?
Le popper training est une forme codifiée ou ritualisée de popperbating apparue dans certaines communautés anglophones. Le terme training appartient au vocabulaire communautaire et ne correspond pas à une méthode médicale.
Le popperbating présente-t-il des risques particuliers ?
Les principaux risques sont ceux associés aux poppers eux-mêmes. Une session prolongée peut toutefois favoriser des inhalations répétées et rapprochées, ce que les organismes de réduction des risques déconseillent.
Peut-on devenir dépendant au popperbating ?
Les poppers ne sont pas associés à un syndrome classique de dépendance physique. Une association comportementale entre leur utilisation et certaines pratiques sexuelles peut néanmoins se développer chez certains utilisateurs.
Peut-on associer poppers et médicaments pour l’érection ?
Cette association est déconseillée. Les poppers et certains médicaments utilisés contre les troubles de l’érection peuvent tous deux diminuer la pression artérielle, avec un risque d’hypotension potentiellement grave.
Sources et références
Pour distinguer les usages communautaires des informations médicales ou réglementaires, cet article s’appuie notamment sur :
l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) pour les données relatives aux poppers, à leurs usages, leurs effets, leurs risques et leur situation en France ;
Drogues Info Service pour les informations de réduction des risques et les interactions ;
John Mercer, Birmingham City University, auteur de Popperbate: video collage, vernacular creativity and the scripting of the gay pornographic body, publié dans Porn Studies en 2017 ;
les travaux de l’Advisory Council on the Misuse of Drugs britannique consacrés aux nitrites d’alkyle.
